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Socle technique et plateformes

Virtualisation, conteneurisation

01/04 Décryptage
01/04 Décryptage
Virtualisation (machines virtuelles)
VM 1
Application Système d'exploitation Disque virtuel
VM 2
Application Système d'exploitation Disque virtuel
VM 3
Application Système d'exploitation Disque virtuel
Hyperviseur(ex : KVM, VMware, Hyper-V)
Ressources physiques du serveur(CPU, RAM, stockage, réseau)
SERVEUR PHYSIQUE
Conteneurisation
Conteneur 1
Application
Conteneur 2
Application
Conteneur 3
Application
Conteneur 4
Application
Moteur de conteneurs(ex : Docker, containerd, Podman)
Système d'exploitation hôte(ex : Linux)
Ressources physiques du serveur(CPU, RAM, stockage, réseau)
SERVEUR PHYSIQUE
En résumé
Machines virtuelles
  • Chaque VM a son propre système d'exploitation
  • Plus lourd mais isolation très forte
  • Démarrage plus lent
  • Idéal pour héberger des systèmes complets
Conteneurs
  • Les conteneurs partagent le système d'exploitation hôte
  • Plus léger et très rapide
  • Densité élevée (beaucoup de conteneurs par serveur)
  • Idéal pour applications et microservices
Complémentaires : on utilise souvent des machines virtuelles pour l'infrastructure, et des conteneurs à l'intérieur pour déployer les applications.
FIGURE 3 Virtualisation et conteneurisation : les VM embarquent chacune leur système d'exploitation au-dessus d'un hyperviseur, tandis que les conteneurs partagent celui de l'hôte via un moteur de conteneurs.
Deux approches complémentaires

La virtualisation et la conteneurisation ne s'opposent pas : elles sont complémentaires et très souvent utilisées ensemble dans les infrastructures cloud modernes.

La virtualisation permet tout d'abord de découper les ressources d'un serveur physique en plusieurs machines virtuelles indépendantes, chacune disposant de son propre système d'exploitation. Ces machines virtuelles peuvent ensuite accueillir des plateformes de conteneurisation afin d'exécuter les applications de manière plus légère et plus flexible.

Cette organisation permet de combiner les avantages des deux approches : l'isolation et la souplesse des machines virtuelles, avec la rapidité, la légèreté et la facilité de déploiement des conteneurs.

Cette combinaison est particulièrement adaptée au cloud, car elle permet de mutualiser fortement les ressources physiques, d'automatiser le déploiement des applications et de déplacer les charges de travail entre différents serveurs. Une infrastructure composée d'un nombre limité de serveurs physiques peut ainsi héberger un grand nombre de machines virtuelles, qui peuvent elles-mêmes exécuter de nombreux conteneurs. L'objectif est d'utiliser au mieux les capacités disponibles tout en maintenant l'isolation et la disponibilité des différents services.

03/04 Enjeux

Virtualisation et conteneurs : souveraineté, dépendance, réversibilité

Couche invisible entre le matériel et les applications, la virtualisation porte tout le système d'information : celui qui la contrôle contrôle tout ce qui s'exécute au-dessus.

Une position centrale, donc stratégique

La quasi-totalité des serveurs, des applications et des services cloud reposent sur un hyperviseur ou une plateforme de conteneurs. Cette couche dispose d'un accès privilégié à toutes les charges de travail : machines virtuelles, données en mémoire, réseaux internes. Sa maîtrise — technique et juridique — est une condition de la souveraineté du reste.

Le risque commercial : la leçon VMware

Le rachat de VMware par Broadcom, suivi d'une refonte des licences et de fortes hausses tarifaires, a rappelé qu'une décision commerciale prise à l'étranger peut bouleverser du jour au lendemain le budget et l'architecture de milliers d'organisations. Migrer un parc virtualisé ne se fait ni vite ni sans risque : la dépendance est structurelle, pas seulement contractuelle.

Le verrouillage par les compétences

Des années de certifications et d'habitudes concentrées sur des produits propriétaires créent une dépendance aussi réelle que les licences. Reprendre la main suppose d'investir dans les compétences sur les solutions ouvertes — KVM, Proxmox, XCP-ng, OpenStack — dont l'écosystème européen est actif.

Conteneurs : standards ouverts, nouvelles dépendances

Ce que la standardisation a réglé

La conteneurisation, portée par Docker et Kubernetes, repose sur des standards ouverts (OCI) qui limitent le verrouillage technique : une image conteneur s'exécute partout, un cluster se reconstruit ailleurs.

Ce qu'elle a déplacé

Les dépendances n'ont pas disparu, elles ont changé de place : registres d'images hébergés hors d'Europe, distributions Kubernetes managées par les grands fournisseurs de cloud, chaînes d'approvisionnement logicielles — images de base, dépendances, outils de build — difficiles à auditer. La portabilité promise ne vaut que si l'on maîtrise aussi ces maillons.

04/04 Réponses apportées

Les réponses européenne, française et par les logiciels libres

Proxmox développé en Autriche, XCP-ng porté par le français Vates, OpenNebula né en Espagne, offres OpenStack et Kubernetes des hébergeurs européens : sur la couche de virtualisation, l'Europe dispose d'alternatives crédibles, ouvertes et soutenues par un écosystème actif. Retrouvez dans une page dédiée les solutions et initiatives qui dessinent la souveraineté du socle technique.

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