Satellites
Internet repose principalement sur la fibre optique, les réseaux terrestres et les câbles sous-marins. Mais déployer de la fibre partout est impossible ou très coûteux.
Le satellite devient donc particulièrement utile là où le réseau terrestre ne va pas.
- Zones rurales ou isolées
- Navires et avions
- Îles et territoires difficiles à raccorder
- Opérations militaires ou humanitaires
- Catastrophes naturelles
- Liaison de secours
Et les nouveaux satellites LEO changent beaucoup la situation
Les satellites traditionnels de télécommunications sont souvent géostationnaires (GEO), à environ 35 786 km d'altitude. Cette distance entraîne notamment une latence importante.
Les constellations modernes utilisent des satellites en orbite basse (LEO), généralement à quelques centaines à environ 2 000 km.
- LEOOrbite basse
~500 à 2 000 km - MEOOrbite moyenne
~2 000 à 35 000 km - GEOGéostationnaire
35 786 km
Figure 1 Le trajet d'une connexion par satellite : l'antenne de l'utilisateur envoie les données au satellite, qui les relaie vers une station au sol reliée par fibre au réseau Internet mondial.
Le service d'accès à Internet par satellite Starlink
L'importance de Starlink dans la guerre en Ukraine
La référence d'origine américaine.
Starlink est un service d'accès à Internet par satellite développé et exploité par SpaceX.
Contrairement aux systèmes satellitaires traditionnels reposant sur des satellites géostationnaires très éloignés, Starlink utilise une constellation de milliers de satellites en orbite terrestre basse (LEO), permettant de fournir une connexion haut débit avec une latence relativement faible.
Le service est particulièrement adapté aux zones mal desservies par les réseaux terrestres :
- Zones rurales ou isolées
- Navires
- Avions
- Territoires mal desservis
- Solution de secours
Le Pentagone a ainsi qualifié son impact sur les capacités ukrainiennes de communication de particulièrement important.
Cette expérience a également révélé une vulnérabilité stratégique : une fonction devenue critique pour un État en guerre peut dépendre d'une infrastructure satellitaire appartenant à une entreprise privée étrangère.
Starlink joue un rôle majeur dans la résilience de l'Ukraine depuis l'invasion russe de février 2022, en permettant de maintenir des communications Internet lorsque les réseaux terrestres, les infrastructures télécoms et l'électricité étaient détruits ou perturbés.
Les milliers de terminaux satellitaires ont servi aussi bien aux civils qu'aux forces armées ukrainiennes :
- Services publics
- Secours
- Populations civiles
- Commandement
- Coordination des unités
- Partage d'informations
- Communications sur le champ de bataille
Le Pentagone a ainsi qualifié son impact sur les capacités ukrainiennes de communication de particulièrement important.
La concurrence (hors Europe)
Hors Europe, la concurrence à Starlink s'organise principalement autour des États-Unis, de la Chine et du Canada.
Le concurrent commercial le plus direct est désormais Amazon Leo (anciennement Project Kuiper), la constellation d'Amazon : son déploiement à grande échelle a débuté en 2025 et son architecture prévoit plus de 3 000 satellites en orbite basse, avec l'ambition de fournir du haut débit aux particuliers, entreprises et administrations.
La Chine développe parallèlement deux mégaconstellations, Guowang (China SatNet) et Qianfan/Spacesail, avec une dimension beaucoup plus stratégique : disposer d'une infrastructure satellitaire chinoise autonome et, pour Qianfan, proposer à terme une alternative internationale à Starlink.
Le Canada développe enfin Telesat Lightspeed, davantage orienté vers les entreprises, opérateurs télécoms et gouvernements. Si Starlink conserve en 2026 une avance considérable grâce à l'ampleur de sa constellation déjà déployée, la compétition devient donc progressivement industrielle et géopolitique :
La concurrence à Starlink
Constellations Internet en orbite basse, opérationnelles ou en cours de déploiement — chiffres de mi-2026, en évolution rapide.
Satellites en temps réel
Au-dessus de nos têtes, plus de 10 000 satellites actifs tournent en permanence.
La carte ci-dessous les montre là où ils se trouvent à cet instant. Aucune image en direct : les positions sont recalculées dans votre navigateur à partir des éléments orbitaux publics (TLE), les mêmes données que celles utilisées par les opérateurs pour suivre leurs engins.
Choisissez une constellation dans le menu, puis cliquez sur un point pour afficher sa trajectoire : le tracé montre où le satellite était il y a 45 minutes et où il sera dans 45 minutes.
Un satellite en orbite basse fait le tour de la Terre en 90 minutes. Ce que vous voyez bouger, ce n'est pas la carte : c'est lui.
Derrière ces points se cachent des usages très différents :
- Stations spatiales
- Internet par satellite
- Navigation (GPS, Galileo)
- Observation de la Terre
- Météo
- Télécommunications
- Renseignement militaire
Qui les exploite, depuis quel pays, pour quel service ? C'est toute la question de la souveraineté spatiale, abordée dans la suite de ce dossier.
L'espace est devenu une infrastructure critique : qui contrôle les satellites contrôle des fonctions vitales — communiquer, se positionner, observer — dont dépendent États, armées et économies.
Ne pas dépendre d'un acteur privé étranger
La leçon ukrainienne est fondatrice : une constellation commerciale peut devenir une infrastructure critique pour un État, tout en restant soumise aux décisions — commerciales, politiques ou personnelles — de son propriétaire. Couverture activée ou restreinte, tarifs, conditions d'usage : rien n'est garanti à celui qui ne contrôle pas l'infrastructure. Pour l'Europe, disposer de ses propres constellations (Eutelsat OneWeb, demain IRIS²) est la seule parade durable.
Garantir les communications de l'État
Gouvernements, armées, diplomatie et services de secours ont besoin de liaisons chiffrées, résilientes et disponibles en toutes circonstances — y compris en cas de crise, de conflit ou de rupture des réseaux terrestres et sous-marins. C'est la raison d'être du service public réglementé (PRS) de Galileo et le cœur de mission d'IRIS².
Protéger le positionnement et le temps
Le positionnement, la navigation et la datation par satellite (PNT) synchronisent l'énergie, les télécoms, la finance et les transports. Or le brouillage et le leurrage GNSS sont devenus quotidiens, de la Baltique au Proche-Orient. Disposer de son propre système — Galileo, avec l'authentification de signaux OSNMA — et de solutions de repli est un enjeu de résilience nationale.
Observer par ses propres moyens
Surveiller son territoire, ses mers, ses frontières, ses infrastructures — et vérifier par soi-même ce que d'autres affirment — exige une capacité d'observation autonome. C'est le rôle de Copernicus, jusqu'à la détection des navires suspects autour des câbles sous-marins.
Maîtriser l'accès à l'espace et l'industrie
Sans lanceurs (Ariane 6, Vega), sans industriels capables de concevoir et fabriquer les satellites, et sans ressources orbitales — fréquences et positions, que la course aux mégaconstellations sature à grande vitesse —, il n'y a pas de souveraineté spatiale. La compétition est aussi industrielle : cadence de production, coûts de lancement, débris et encombrement des orbites basses.
Le satellite n'est plus un simple outil technique : c'est un attribut de puissance. La question n'est pas de savoir si l'Europe peut se passer des constellations étrangères, mais si elle peut se permettre d'en dépendre.
La réponse européenne
Galileo, Copernicus, Eutelsat OneWeb, IRIS² : face à sa dépendance spatiale, l'Union européenne construit ses propres constellations. Retrouvez dans la page dédiée les programmes qui dessinent la souveraineté satellitaire du continent.
Découvrir la réponse →