Transparence / éthique
Le code source correspond au texte qui contient les instructions pour créer ou exécuter le logiciel. Quand ce code est disponible sous licence libre, il est donc possible de l'auditer, ce qui permet d'en mesurer plus aisément l'empreinte carbone et d'adapter le code en conséquence. Cela offre au développeur et à l'utilisateur de disposer d'outils réellement adaptés à leurs besoins tout en évitant les surconsommations forfaitaires.
Le logiciel libre et l'open source s'inscrivent ainsi tout naturellement dans une logique d'écoconception et de consommation à l'usage qui incite à la sobriété.
- Le code source des logiciels n'est pas stocké dans des archives fiables : il était soit hors ligne et non accessible au public, soit stocké sur des plateformes de travail qui pourraient un jour disparaître.
- L'Inria a créé le projet Software Heritage, qui collecte, sauvegarde et archive en toute sécurité le code source des logiciels et en est la première archive mondiale.
- L'UNESCO collabore au projet dans le cadre de ses programmes pour la préservation du patrimoine documentaire et l'accès à l'information, notamment le programme Mémoire du Monde et le programme Logiciels Libres et Open Source.
Chiffres de l'archive Software Heritage.
Software Heritage collecte, sauvegarde et archive en toute sécurité le code source des logiciels et en constitue la première archive mondiale : des dizaines de milliards de fichiers sources y sont préservés comme un patrimoine technique de l'humanité. Les logiciels sont fragiles — contrairement aux mots gravés dans la pierre, ils peuvent être détruits ou altérés ; l'archive garantit que ce savoir reste accessible, auditable et réutilisable.
Éditeur : Inria, en partenariat avec l'UNESCO
Thème : préservation du code source — archive universelle, patrimoine logiciel
Public : développeurs, chercheurs, institutions, grand public curieux
Source : Software Heritage (softwareheritage.org).
La forge ADULLACT héberge les projets de logiciels libres développés pour et par les administrations et collectivités territoriales. Elle incarne un principe simple et puissant : l'argent public ne doit payer qu'une seule fois — un logiciel financé par une collectivité est mutualisé et réutilisable par toutes les autres, au lieu d'être racheté autant de fois qu'il y a d'acheteurs publics.
Éditeur : association ADULLACT
Thème : logiciels libres métiers du secteur public — forge, mutualisation
Public : administrations, collectivités territoriales, développeurs
Source : ADULLACT (adullact.net).
Il n'y a pas de logiciel libre sans communauté associée : la communauté est l'essence même du logiciel libre. On appelle communauté un vivier de compétences humaines attachées à un bien ou service donné, tel qu'une communauté d'usage, d'assistance, de développement, etc.
La mise en place et l'évolution d'une communauté pour un projet logiciel libre se décomposent en plusieurs étapes :
- Mise en place d'une gouvernance informelle
- Gouvernance afférente aux règles fixées par la licence choisie
- Désignation d'un « OS Project Leader » interne au groupement
- Réflexions sur la production des premiers livrables à destination de la communauté
- La communauté doit continuer à se développer tout en anticipant sa pérennité organisationnelle et financière
- Le projet est devenu institutionnalisé et d'autres collectivités participent
- Réflexion quant au montage juridique pour le futur (fondation ?)
- Mise en place des outils de fonctionnement de la communauté (validation des workflows de prise de décision, outils de documentation et de formation)
- Ouverture à la communauté (communications spécifiques)
- La gouvernance du projet se formalise (valeurs du projet) et s'agrandit
- Les contributions extérieures arrivent
- La communauté se développe et devient pleinement active
- Désignation des responsabilités communautaires
D'après les travaux de R. Viseur.
L'article de référence sur la construction et la gouvernance des communautés du logiciel libre, dont sont tirées les trois étapes présentées ci-dessus : de la gouvernance informelle des débuts à la communauté pleinement active, en passant par l'institutionnalisation et la pérennisation du projet.
Auteur : Robert Viseur (CETIC / UMONS)
Thème : gouvernance et communautés des projets open source
Public : porteurs de projets libres, collectivités, chercheurs
Source : actes du congrès INFORSID 2016 (inforsid.fr).
Un article qui rappelle que la communauté est un organisme vivant : une communauté du libre sur deux ne dépasse pas quatre ans d'existence. Un chiffre qui souligne l'importance des étapes de structuration présentées ci-dessus — gouvernance, pérennisation, ouverture aux contributions — et qui rejoint directement le critère « Communauté » de la méthode d'évaluation de la maîtrise du SI : la résilience d'un logiciel dépend des personnes capables d'en reprendre le développement.
Média : ZDNet France
Thème : pérennité et cycle de vie des communautés du logiciel libre
Public : porteurs de projets libres, décideurs, contributeurs
Source : ZDNet France (zdnet.fr).