Connectivité et routage Internet
Les réponses apportéesSous les services, il y a le réseau lui-même : les points d'échange où les opérateurs s'interconnectent, les routes que suivent les paquets, les noms de domaine qui font qu'une adresse existe. Couche invisible, presque entièrement fondée sur des protocoles ouverts — et pourtant traversée de dépendances : transitaires américains, résolveurs DNS des GAFAM, routage fondé sur la confiance.
Elle se mesure à quatre capacités :
Là où la souveraineté demande qui contrôle, l'autonomie stratégique demande de quoi l'Europe est capable seule. Pour chacune des trois briques du réseau, cette section présente les réponses apportées — infrastructures d'échange, mécanismes de sécurisation et décisions déjà engagés par l'Europe et la France.

Points d'échange Internet (IXP)
L'Europe est ici en position de force : DE-CIX (Francfort), AMS-IX (Amsterdam) et LINX (Londres) comptent parmi les premiers points d'échange mondiaux, et France-IX ancre le trafic français à Paris et Marseille. Le peering local évite que le trafic européen ne transite par ailleurs.

Routage Internet (BGP)
Le routage mondial repose sur la confiance : un opérateur peut annoncer des routes qui ne sont pas les siennes et détourner le trafic d'un pays. La réponse est la signature des routes (RPKI) — et l'Europe, via le RIPE NCC qui gère les ressources de la région, en est le premier foyer mondial.

Noms de domaine (DNS)
Le DNS est géré en Europe par des acteurs solides — l'Afnic pour le .fr, des serveurs racine opérés par Netnod et le RIPE NCC — mais la résolution glisse vers les résolveurs publics américains (Google, Cloudflare), qui voient passer les requêtes de millions d'Européens.